Héritiers, comment demander sa part d’héritage ?

| Mis à jour le 20/09/2021 | Publié le

Héritiers, comment demander sa part d’héritage ?

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Vous venez d’apprendre le décès de l’un de vos parents. A la difficile épreuve qu’est la perte d’un être cher s’ajoute celle de la succession. Des conflits peuvent alors survenir entre les héritiers. Ne laissez pas usurper vos droits, défendez la part d’héritage qui vous revient à l’aide d’un avocat. Avocats Picovschi, expert en droit des successions à Paris depuis 1988, vous accompagne pour faire valoir vos droits dans cette succession.

Vers qui se tourner pour toucher son héritage ?

Votre père ou votre mère vient de décéder ? Si vous êtes plusieurs héritiers, vous voilà propriétaire indivis de l’ensemble des biens qui composent sa succession. Seulement, il est rare que la liquidation d’une succession se réalise sans difficulté.

Il n’est non seulement pas toujours aisé de savoir vers quel professionnel se tourner et quelles démarches accomplir pour entamer le processus de liquidation, mais vous pouvez surtout vous retrouver confronté à des situations conflictuelles : mésentente avec vos cohéritiers quant à la consistance des lots qui devraient vous revenir, désaccord sur l’estimation d’un bien, suspicion de détournement d’héritage, etc.

Sachez que des solutions existent !

Dans quel cas le notaire est obligatoire ?

  • Si la succession comprend un bien immobilier
  • S’il y a un testament ou une donation entre époux
  • Si l’actif de la succession est supérieur à 5 000 €

Si la succession n’est composée d’aucun bien immobilier, les héritiers peuvent convenir d’un partage à l’amiable. Il peut alors être opportun de se faire assister d’un avocat compétent en la matière. Celui-ci sera chargé de prendre contact avec l’avocat de l’autre partie afin de chercher un accord qui permettra de préserver les intérêts des parties.

Sachez que vous pouvez, à tout moment, demander à sortir de l’indivision : en effet, « nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision et le partage peut toujours être provoqué » (article 815 du Code civil). Il est donc possible de demander sa part d’héritage. C’est une situation complexe et peu habituelle face à laquelle vous pouvez vite vous sentir démuni car elle peut se révéler être une source de conflits en vue du partage de la succession.

Mais s’il existe un ou plusieurs immeubles, un notaire doit impérativement être saisi. Le notaire est généralement mandaté par les héritiers pour établir la déclaration de succession qui attestera de l’actif et du passif de la succession et devra être déposée à l’Administration fiscale dans un délai de 6 mois à compter du décès (articles 641 et suivants du Code général des impôts). Le dépôt de cette déclaration dans les temps est crucial et le notaire est tenu d’y procéder pour vous éviter des pénalités fiscales.

Parallèlement, le notaire réunira les intéressés, c’est-à-dire les héritiers et, éventuellement, les légataires institués par un testament, pour tenter de parvenir à un partage amiable.

Des difficultés peuvent alors surgir, paralysant de ce fait la succession. L’évaluation ou le sort d’un bien peuvent par exemple être source de conflits entre les parties, notamment s’il est question de l’attribution préférentielle de celui-ci. Si la voie amiable n’aboutit pas, il appartiendra à la partie la plus diligente de saisir le tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt par le ministère d’un avocat.

Si la situation est simple, le tribunal pourra alors ordonner le partage judiciaire de la succession et un notaire sera chargé de rédiger l’acte permettant d’attester des droits de chaque héritier. En revanche, en cas de difficultés et notamment de patrimoine ou relations familiales complexes, un notaire et un juge chargé de surveiller les opérations pourront être désignés.

Lorsque le notaire commis par le tribunal ne parvient pas lui-même à dresser le partage, il doit établir un procès-verbal de difficultés. Y seront énumérés les points de désaccord au vu desquels la partie la plus diligente saisira à nouveau le tribunal, toujours avec l’assistance d’un avocat.

Enfants, comment toucher votre part dans l’héritage du premier parent décédé ?

Lorsqu’un de vos parents prédécède, les droits du conjoint survivant rentrent nécessairement en jeu et impactent la répartition du patrimoine du défunt entre les héritiers. Cela est vrai que le conjoint survivant soit ou non votre parent, sans compter l’existence de demi-frères et sœurs.

Peut-on demander la part de son père décédé ?

Si le parent décédé était marié et laisse des enfants exclusivement issus du même mariage, le conjoint survivant dispose d’une option sur la succession : 1/4 en pleine propriété ou la totalité en usufruit. Cette option détermine les droits revenant aux enfants. Si le conjoint opte pour 1/4 en pleine propriété, les 3/4 restant sont répartis entre les enfants ; s’il opte pour l’usufruit, les enfants héritent de la nue-propriété.

Mais si le défunt était marié et laisse des enfants qui ne sont pas tous issus du mariage, son conjoint hérite du quart du patrimoine sans pouvoir exercer d’option.

Il faut également accorder une attention particulière à la potentielle donation entre époux faite du vivant du défunt, qui offre un choix alternatif au conjoint. A noter que le conjoint survivant a une faculté de cantonnement de ses droits au profit des descendants.

Quelles démarches devez-vous effectuer lorsque vous êtes confrontés à une situation de recel successoral ?

Il se peut que l’un de vos cohéritiers dissimule des biens, tableaux, bijoux, ou tout simplement que vous ne soyez pas informé de l’ouverture d’une succession à laquelle vous êtes légalement appelé dans le but de vous priver de tout ou partie de vos droits. On parle alors de recel successoral, infraction sanctionnée par la loi.

En cas de recel, et si vous n’entreprenez aucune action, la part qui doit vous revenir dans la succession risque de se trouver diminuée. C’est à vous, avec l’aide de votre avocat, d’entreprendre les démarches qui vous permettront d’obtenir ce qui vous revient de droit.

Il arrive souvent que le défunt passe les dernières années de sa vie chez l’un de ses enfants et ne voie plus les autres : il est tentant pour celui qui s’occupe de son parent de se faire remettre des sommes d’argent, des bijoux, des titres au porteur, sans parler de donations qui, excédant la quotité disponible, portent atteinte à la réserve héréditaire. Les descendants en ligne directe et à défaut le conjoint survivant sont en effet titulaires de droits qui ne peuvent être diminués.

Il faut savoir que tout héritier venant à la succession doit rapporter à celle-ci tout ce qu’il a reçu du défunt par donation entre vifs, directement ou indirectement. Le donataire ne pourra conserver ces libéralités que si elles ne dépassent pas la quotité disponible. Dans le cas contraire, elles devront être réduites par le biais d’une action en réduction. Pour vérifier s’il y a dépassement, encore faut-il que ces libéralités soient correctement déclarées.

Établir la matérialité du détournement et la mauvaise foi peut être difficile. Pour cela, des actions vous sont ouvertes par la loi. Vous pouvez agir devant le tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession, ce qui suppose le recours à un avocat. Vous pouvez envisager aussi bien une action au pénal, par exemple pour recel, faux et usage de faux, mais aussi au civil pour voir l’héritier receleur condamné à vous verser des dommages-intérêts et le priver de tout droit sur les biens recelés.

Sachez enfin que si le détournement est réalisé par un tiers (ami du défunt, voisin, médecin, infirmière, etc.), on ne parle plus de recel successoral, mais de détournement de succession. À titre d’exemple, sachez que depuis la loi du 5 mars 2007, l’article 909 du Code civil dispose que le personnel médical ayant « prodigué des soins à une personne pendant la maladie dont elle meurt ne [peut] profiter des dispositions entre vifs ou testamentaires qu'elle aurait faites en [sa] faveur pendant le cours de celle-ci ». Les actions que vous devrez entreprendre et les sanctions encourues restent identiques à celles prévues pour le recel.

N’hésitez plus pour agir ! Dès qu’un doute s’installe, il est nécessaire de contacter le notaire en charge de la succession et de vous faire accompagner d’un avocat rompu à cette matière qui saura obtenir ce qui vous revient de droit.

Avocats Picovschi, fort de son expertise en droit des successions depuis 1988, saura vous guider dans ces démarches complexes et suivra les opérations de la succession en veillant à la préservation de vos intérêts légitimes. Le rôle de l’avocat dans la réunion des preuves de vos droits face à vos cohéritiers peut notamment s’avérer précieux.


Sources : articles 757, 815, 831, 909, 920 et 1094-1 du Code civil.

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