Faire annuler un cautionnement bancaire : dans quels cas est-ce possible ?

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Sommaire

Peut-on faire annuler un cautionnement bancaire ? En pratique, la réponse dépend de plusieurs éléments décisifs : la date de signature de l’acte, son formalisme, la situation de la caution et les obligations pesant sur le créancier professionnel. Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2022, la date du cautionnement constitue d’ailleurs un point de départ essentiel de l’analyse, les actes antérieurs et postérieurs n’obéissant pas exactement aux mêmes règles. Encore faut-il préciser qu’en droit, « faire annuler » un cautionnement ne recouvre pas toujours une nullité au sens strict : selon le fondement invoqué, la caution peut parfois obtenir l’anéantissement de l’acte, mais aussi la réduction de son engagement ou la neutralisation partielle de la demande formée par la banque.

Peut-on vraiment faire annuler un cautionnement bancaire ?

Oui, mais pas dans tous les cas, ni sous la même sanction.

En pratique, la contestation d’une caution bancaire ne conduit pas toujours à une nullité au sens strict. Dans certains dossiers, la caution peut obtenir l’annulation du cautionnement, notamment lorsque le formalisme imposé à la caution personne physique n’a pas été respecté. Pour les actes soumis au droit nouveau, l’article 2297 du Code civil prévoit en effet, à peine de nullité, une mention apposée par la caution elle-même.

Mais d’autres moyens de contestation permettent seulement de réduire ou de neutraliser la demande de la banque. C’est notamment le cas lorsque la caution est manifestement disproportionnée à ses revenus et à son patrimoine au jour de la signature : l’engagement peut alors être réduit au montant qu’elle pouvait effectivement supporter (article 2300 du Code civil). Lorsque le créancier professionnel a manqué à son devoir de mise en garde, il est déchu de son droit contre la caution à hauteur du préjudice subi par celle-ci (article 2299 du Code civil). Enfin, en cas de manquement aux obligations d’information annuelle ou d’information sur le premier incident de paiement, le créancier peut être déchu de la garantie des intérêts et pénalités (article 2302 du Code civil ; article 2303 du Code civil).

Autrement dit, la bonne question n’est pas seulement de savoir s’il est possible de faire annuler un cautionnement bancaire. Il faut aussi déterminer quel moyen de droit permet de contester efficacement la caution bancaire et de faire échec, en tout ou partie, à la demande en paiement.

Cautionnement avant ou après 2022 : pourquoi la date de signature change la contestation d’une caution bancaire ?

La date de signature du cautionnement bancaire est un point de départ essentiel. En effet, la réforme du droit des sûretés est entrée en vigueur le 1er janvier 2022, et le texte transitoire prévoit que les cautionnements conclus avant cette date demeurent soumis à la loi ancienne, y compris pour leurs effets légaux et pour les dispositions d’ordre public.

Autrement dit, pour contester une caution bancaire, il ne suffit pas d’identifier un moyen de défense : il faut encore déterminer si l’acte relève du droit antérieur ou du droit issu de la réforme. Cette distinction commande l’analyse du formalisme du cautionnement, de la caution manifestement disproportionnée, du devoir de mise en garde et, plus largement, des moyens permettant de faire annuler un cautionnement bancaire ou d’en réduire les effets.

Il existe toutefois une exception importante. Le texte transitoire prévoit que les articles 2302 à 2304 du Code civil sont applicables dès l’entrée en vigueur de la réforme, y compris aux cautionnements constitués antérieurement. Les obligations d’information de la caution ne suivent donc pas exactement la même logique transitoire que les règles relatives au formalisme, à la disproportion ou à la mise en garde.

En pratique, toute contestation du cautionnement bancaire suppose donc une première vérification : le cautionnement a-t-il été conclu avant ou après le 1er janvier 2022 ? De cette date dépend le régime juridique applicable, et donc le moyen le plus efficace pour contester la caution bancaire.

Point analysé

Cautionnement conclu avant le 1er janvier 2022

Cautionnement conclu depuis le 1er janvier 2022

Texte applicable

Loi ancienne, en principe maintenue par le droit transitoire

Droit issu de la réforme des sûretés

Formalisme du cautionnement

Ancien formalisme applicable aux actes antérieurs

Article 2297 du Code civil

Caution manifestement disproportionnée

Ancien régime applicable aux actes antérieurs

Article 2300 du Code civil

Mise en garde de la caution

Ancien régime applicable aux actes antérieurs

Article 2299 du Code civil

Information annuelle et incident de paiement

Application immédiate du régime nouveau par exception transitoire

Articles 2302 et 2303 du Code civil

Premier levier : contester la validité de l’acte de cautionnement

Pour faire annuler un cautionnement bancaire, le premier réflexe consiste souvent à vérifier la validité formelle de l’acte. En effet, la contestation d’une caution bancaire peut d’abord reposer sur un vice affectant le formalisme du cautionnement, en particulier lorsque la mention manuscrite exigée par la loi est irrégulière, incomplète ou n’émane pas réellement de la caution.

Avant 2022 : le non-respect du formalisme permettait déjà de contester la caution bancaire

Pour les actes antérieurs au 1er janvier 2022, la contestation d’une caution bancaire reposait déjà sur l’ancien formalisme protecteur applicable à la caution personne physique. Le droit transitoire maintient d’ailleurs la loi ancienne pour les cautionnements conclus avant cette date.

La Cour de cassation a ainsi jugé, dans un arrêt du 5 mai 2021, que la fraude commise par la caution dans la rédaction des mentions manuscrites légales faisait obstacle à ce qu’elle s’en prévale, ce qui confirme en creux que ces mentions étaient bien prescrites à peine de nullité (Cass. com., 5 mai 2021, n° 19-21.468). Cet arrêt s’inscrit dans un contentieux nourri sur l’auteur réel de la mention, son contenu exact et la portée de l’engagement souscrit.

Depuis 2022 : un formalisme légal sanctionné par la nullité du cautionnement

Depuis le 1er janvier 2022, l’article 2297 du Code civil impose à la caution personne physique d’apposer elle-même une mention indiquant qu’elle s’engage en qualité de caution à payer le créancier en cas de défaillance du débiteur, dans la limite d’un montant en principal et accessoires exprimé en toutes lettres et en chiffres. Le texte précise qu’en cas de différence, le cautionnement vaut pour la somme écrite en toutes lettres. Si la caution est privée des bénéfices de discussion ou de division, la mention doit également le faire apparaître.

L’enjeu est majeur : le texte prévoit cette formalité à peine de nullité de l’engagement. Autrement dit, en présence d’une irrégularité touchant la mention manuscrite de la caution, la contestation du cautionnement bancaire peut conduire, dans certains cas, à la nullité du cautionnement lui-même.

En pratique : quels points vérifier pour contester la validité du cautionnement ?

Un audit sérieux de l’acte de cautionnement bancaire doit notamment porter sur les éléments suivants :

  • l’auteur réel de la mention manuscrite de la caution ;
  • le contenu exact de la mention ;
  • le montant garanti en chiffres et en toutes lettres ;
  • la portée de la solidarité et l’éventuelle renonciation aux bénéfices de discussion ou de division ;
  • la cohérence globale de l’acte de cautionnement.

En pratique, lorsqu’une banque appelle la caution en paiement, ce contrôle formel constitue souvent le premier levier de contestation du cautionnement bancaire.

Deuxième levier : invoquer une caution manifestement disproportionnée

La contestation d’une caution bancaire peut aussi reposer sur le caractère manifestement disproportionné du cautionnement au regard des revenus et du patrimoine de la caution. Ce moyen est central en pratique, notamment lorsque la banque a recueilli un engagement trop lourd au regard de la situation réelle de la caution personne physique au jour de la signature.

Avant 2022 : une appréciation concrète du cautionnement disproportionné

Avant la réforme, le contentieux de la caution disproportionnée imposait déjà une analyse très concrète de la situation patrimoniale de la caution.

La Cour de cassation a ainsi jugé que la disproportion devait être appréciée au regard de l’endettement global de la caution, y compris celui résultant d’engagements de caution antérieurs (Cass. 1re civ., 15 janv. 2015, n° 13-23.489). Une banque ne peut donc pas isoler artificiellement un seul cautionnement bancaire si, au jour de la signature, la caution supportait déjà d’autres dettes ou d’autres engagements significatifs.

La jurisprudence a également rappelé que les biens de la caution, même grevés de sûretés, doivent être pris en considération, sous déduction de la dette garantie, pour apprécier la proportionnalité de l’engagement (Cass. 1re civ., 24 mars 2021, n° 19-21.254). En outre, en l’absence d’anomalie apparente, le créancier n’a pas à vérifier l’exactitude des déclarations faites par la caution sur ses biens et revenus, ce qui donne une importance particulière à la fiche patrimoniale remise à la banque.

Autrement dit, sous l’ancien droit, la contestation d’un cautionnement disproportionné supposait déjà une reconstitution précise de la situation financière de la caution au moment de son engagement.

Depuis 2022 : l’article 2300 du Code civil permet la réduction de l’engagement

Depuis le 1er janvier 2022, l’article 2300 du Code civil prévoit que si le cautionnement souscrit par une personne physique envers un créancier professionnel était, lors de sa conclusion, manifestement disproportionné aux revenus et au patrimoine de la caution, il est réduit au montant à hauteur duquel elle pouvait s’engager à cette date.

Le point est essentiel : ici, la sanction n’est pas nécessairement l’annulation totale du cautionnement bancaire. Le juge peut réduire l’engagement de caution au niveau réellement supportable au jour de la signature. En d’autres termes, la caution manifestement disproportionnée peut obtenir une neutralisation partielle, mais parfois décisive, de la demande en paiement de la banque.

En pratique : que faut-il reconstituer pour contester un cautionnement disproportionné ?

Pour invoquer utilement une caution manifestement disproportionnée, il faut reconstituer avec précision :

  • les revenus de la caution au jour de la signature ;
  • son patrimoine ;
  • ses charges récurrentes ;
  • les prêts en cours ;
  • les autres cautionnements déjà consentis ;
  • les déclarations remises à la banque lors de la souscription.

En pratique, la contestation du cautionnement bancaire se joue souvent sur cette reconstitution patrimoniale, car la disproportion ne s’apprécie pas de manière abstraite, mais au regard de la situation réelle de la caution au moment où elle s’est engagée.

Troisième levier : défaut de mise en garde de la caution, un moyen de contester le cautionnement bancaire

La contestation d’une caution bancaire peut également reposer sur un manquement de la banque à son devoir de mise en garde. Ce fondement n’aboutit pas nécessairement à l’annulation du cautionnement bancaire, mais il peut permettre de réduire très sensiblement les droits du créancier lorsque la mise en garde de la caution faisait défaut.

Avant 2022 : le devoir de mise en garde était un terrain contentieux majeur

Pour les cautionnements anciens, le contentieux du devoir de mise en garde occupait une place centrale dans les actions dirigées contre la banque, en particulier lorsque la caution soutenait qu’elle n’était pas une caution avertie.

La Cour de cassation a ainsi approuvé une cour d’appel ayant retenu qu’une caution non avertie pouvait reprocher à la banque d’être « débitrice d’une obligation de mise en garde sur les risques de défaillance du débiteur principal dans son obligation de remboursement » et de ne pas justifier y avoir satisfait (Cass. com., 16 mars 2010, n° 09-65.461). Le même arrêt précise que le préjudice réparable consistait en « une perte de chance de ne pas s’être engagée ».

Depuis 2022 : l’article 2299 du Code civil donne une base légale claire à la mise en garde de la caution

Depuis le 1er janvier 2022, l’article 2299 du Code civil prévoit que le créancier professionnel est tenu de mettre en garde la caution personne physique lorsque l’engagement du débiteur principal est inadapté aux capacités financières de ce dernier. À défaut, le créancier est déchu de son droit contre la caution à hauteur du préjudice subi par celle-ci.

Pour les actes récents, la question ne se présente donc plus exactement dans les mêmes termes. L’analyse ne se concentre plus seulement sur la qualité de caution avertie ou non avertie : elle se recentre d’abord sur les conditions d’application du texte, sur l’inadaptation de l’engagement du débiteur principal à ses capacités financières, puis sur l’évaluation du préjudice subi par la caution.

Autrement dit, le manquement à la mise en garde de la caution demeure un moyen sérieux pour contester une caution bancaire, mais sa formulation juridique doit désormais être articulée autour du texte nouveau.

En pratique : quand ce levier peut-il être utile ?

Ce moyen mérite d’être examiné avec attention lorsque :

  • la banque appelle la caution en paiement après l’échec du financement du débiteur principal ;
  • la situation financière du débiteur apparaissait déjà fragile au moment de la souscription ;
  • la caution personne physique n’a reçu aucune véritable mise en garde sur le risque pris ;
  • la contestation du cautionnement bancaire ne peut pas être fondée utilement sur un vice de forme ou sur une caution manifestement disproportionnée.

Dans ces hypothèses, le devoir de mise en garde peut constituer un levier complémentaire ou principal pour faire échec, en tout ou partie, à la demande de la banque.

Quatrième levier : faire sanctionner les manquements d’information de la banque

En pratique, ce levier est souvent sous-exploité alors qu’il peut être particulièrement efficace pour contester une caution bancaire. Il ne conduit pas nécessairement à l’anéantissement total du cautionnement, mais il peut réduire de manière significative les sommes réclamées par la banque. Surtout, ce régime s’applique depuis le 1er janvier 2022 y compris aux cautionnements conclus antérieurement, les articles 2302 à 2304 du Code civil ayant reçu une application immédiate par le droit transitoire.

L’information annuelle de la caution

Le créancier professionnel doit, avant le 31 mars de chaque année et à ses frais, informer toute caution personne physique du montant du principal, des intérêts et des accessoires restant dus au 31 décembre de l’année précédente au titre de l’obligation garantie (article 2302 du Code civil).

Le texte ajoute que le créancier doit également rappeler à la caution le terme de son engagement ou, si le cautionnement est à durée indéterminée, sa faculté de résiliation et les conditions de son exercice.

La sanction est importante : en cas de défaut d’information, le créancier est déchu de la garantie des intérêts et pénalités échus depuis la précédente information et jusqu’à la communication de la nouvelle information. Pendant cette période, les paiements effectués par le débiteur sont en outre imputés prioritairement sur le principal.

L’information en cas de premier incident de paiement

Le créancier professionnel doit aussi informer la caution personne physique de la défaillance du débiteur principal dès le premier incident de paiement non régularisé dans le mois de l’exigibilité (article 2303 du Code civil).

Là encore, la sanction n’est pas théorique. À défaut d’information, le créancier encourt la déchéance de la garantie des intérêts et pénalités échus entre la date de l’incident et celle à laquelle la caution a été effectivement informée. Comme pour l’information annuelle, les paiements intervenus durant cette période s’imputent prioritairement sur le principal de la dette.

Pourquoi ce moyen est stratégiquement intéressant pour contester une caution bancaire ?

Ce terrain de défense est particulièrement utile lorsque la nullité du cautionnement bancaire n’est pas acquise, ou lorsque la disproportion et le manquement au devoir de mise en garde sont plus difficiles à démontrer. En effet, même sans faire disparaître totalement l’engagement de la caution, les manquements d’information de la banque peuvent aboutir à une réduction substantielle de la créance réclamée, notamment par la perte des intérêts et pénalités.

Autrement dit, dans une stratégie de contestation d’une caution bancaire, il serait imprudent de négliger la vérification systématique des diligences d’information accomplies par la banque.

Que faire si la banque vous appelle en paiement en tant que caution ?

Lorsque la banque vous appelle en paiement en tant que caution, il ne faut ni paniquer, ni reconnaître trop vite la dette, ni entrer immédiatement dans une logique de règlement.

Avant toute réponse, il faut vérifier si l’acte est valable, si l’engagement n’était pas manifestement disproportionné, si la banque a respecté ses obligations d’information et si un manquement peut être invoqué pour réduire ou contester la demande.

Les premiers réflexes utiles sont les suivants :

1.Obtenir l’acte de cautionnement complet ainsi que le décompte détaillé des sommes réclamées (principal, intérêts, pénalités, frais).

2.Dater précisément l’engagement afin de déterminer si le cautionnement relève du régime applicable avant 2022 ou de celui en vigueur depuis le 1er janvier 2022.

3.Rassembler toutes les pièces patrimoniales existant au jour de la signature, notamment :

- avis d’imposition ;

- bulletins de salaire ;

- tableaux d’amortissement et échéanciers de prêts ;

- relevés de patrimoine ;

- engagements de caution antérieurs.

4.Vérifier l’ensemble des courriers adressés par la banque, en particulier :

- l’information annuelle de la caution ;

- l’information relative au premier incident de paiement ;

- les éventuels échanges pouvant révéler une mise en garde, ou au contraire son absence.

5.Faire auditer l’acte et le dossier avant toute stratégie de paiement, de réponse ou de négociation. Une contestation efficace du cautionnement bancaire suppose d’identifier, en amont, les failles juridiques réellement exploitables.

En pratique, de nombreux dossiers se jouent sur un point qui paraît secondaire au départ : une mention irrégulière, une fiche patrimoniale incomplète, un engagement antérieur omis, un défaut d’information annuelle, ou encore une banque qui appelle la caution sans que le dossier ait été sérieusement vérifié.

Exemples concrets

Exemple n°1 : le dirigeant qui s’est porté caution en 2019

Un dirigeant se porte caution en 2019 pour garantir un prêt professionnel consenti à sa société. Après la défaillance de celle-ci, la banque l’assigne en paiement.

Dans ce type de dossier, plusieurs axes de contestation doivent être examinés :

  • l’ancien formalisme applicable à l’acte a-t-il été correctement respecté ;
  • la banque peut-elle utilement opposer à la caution la fiche patrimoniale qu’elle a signée ;
  • l’engagement était-il manifestement disproportionné au regard des revenus, du patrimoine et de l’endettement global déjà supporté au jour de la signature ;
  • un manquement de la banque à son devoir de mise en garde peut-il être invoqué.

Comme l’acte est antérieur au 1er janvier 2022, il demeure en principe régi par la loi ancienne, y compris pour ses effets légaux et pour les dispositions d’ordre public. En pratique, l’analyse se construira donc d’abord à partir des règles applicables avant la réforme, puis de la jurisprudence rendue sous cet ancien régime.

Exemple n°2 : un parent se porte caution en 2023 pour la société de son enfant

Une mère se porte caution en 2023 pour garantir un concours bancaire accordé à la société de son enfant. Elle est ensuite appelée en paiement.

Dans ce cas, l’analyse change :

  • le formalisme de l’acte relève de l’article 2297 ;
  • le devoir de mise en garde relève de l’article 2299 ;
  • la disproportion relève de l’article 2300 ;
  • les obligations d’information relèvent des articles 2302 et 2303.

Ici, on ne raisonnera pas d’abord en termes de “caution avertie”, mais en termes de conditions d’application des textes nouveaux.

Pourquoi se faire accompagner par un avocat en droit bancaire ?

Dans un contentieux de caution bancaire, la difficulté n’est pas seulement de connaître les textes applicables. Elle consiste surtout à qualifier correctement le dossier, à identifier le bon régime juridique et à choisir le moyen de défense le plus efficace au regard de la situation concrète de la caution.

La première étape consiste à dater précisément l’acte de cautionnement. Ce point est décisif, car les cautionnements conclus avant le 1er janvier 2022 demeurent en principe soumis à la loi ancienne, y compris pour leurs effets légaux et pour les dispositions d’ordre public. À l’inverse, les engagements plus récents appellent un raisonnement centré sur les textes issus de la réforme du droit des sûretés.

L’analyse suppose ensuite de reconstituer la situation réelle de la caution au jour de la signature : ses revenus, son patrimoine, ses dettes, ses engagements antérieurs, les documents remis à la banque, mais aussi son rôle exact dans l’opération financée. C’est souvent à ce stade qu’apparaissent les failles du dossier : un engagement manifestement excessif, une fiche patrimoniale incomplète, une information insuffisante ou un angle de défense négligé.

L’enjeu est alors de choisir le bon terrain contentieux. Selon les cas, la défense pourra porter sur la nullité de l’acte, sur la disproportion manifeste de l’engagement, sur un manquement à la mise en garde, sur un défaut d’information annuelle ou encore sur l’absence d’information en cas de premier incident de paiement. Dans certains dossiers, plusieurs moyens peuvent être invoqués utilement, à condition de les articuler avec rigueur.

Enfin, un dossier bien préparé ne sert pas seulement à contester devant le juge. Il peut aussi permettre de réduire le montant réclamé, d’écarter certains intérêts et pénalités, ou d’ouvrir une négociation sérieuse avec la banque avant même que le contentieux ne s’installe.

Faire annuler un cautionnement bancaire : quelle issue espérer ?

Faire « annuler » un cautionnement bancaire n’aboutit pas toujours, en droit, à une annulation au sens strict. Selon le moyen mobilisé, la caution peut obtenir la nullité de l’acte lorsque le formalisme applicable n’a pas été respecté, notamment dans les conditions prévues par l’article 2297 du Code civil, la réduction du montant garanti lorsque l’engagement était manifestement disproportionné, sur le fondement de l’article 2300, la déchéance du droit du créancier contre elle à hauteur du préjudice subi en cas de manquement à la mise en garde ou encore la déchéance des intérêts et pénalités lorsque les obligations d’information n’ont pas été respectées.

La vraie question n’est donc pas seulement de savoir s’il est possible de « faire annuler » un cautionnement bancaire, mais d’identifier le fondement précis permettant de neutraliser tout ou partie de la demande de la banque. Dans ce type de dossier, une analyse menée tôt permet de structurer utilement la contestation, la négociation ou, si nécessaire, la défense judiciaire.

FAQ - Questions fréquentes

Peut-on faire annuler un cautionnement bancaire ?

Oui, mais pas dans tous les cas. Selon la situation, la caution peut obtenir soit la nullité de l’acte, soit la réduction du montant garanti, soit encore la déchéance de certains droits du créancier. Tout dépend notamment de la date du cautionnement, du respect du formalisme applicable et du comportement de la banque.

Un cautionnement disproportionné peut-il être contesté ?

Oui. Lorsqu’une personne physique s’est engagée envers un créancier professionnel pour un montant manifestement disproportionné à ses revenus et à son patrimoine au jour de la signature, le cautionnement peut être réduit, dans les conditions prévues par l’article 2300 du Code civil.

La banque doit-elle informer la caution ?

Oui. Le créancier professionnel doit notamment informer la caution personne physique du montant restant dû chaque année, dans les conditions prévues par l’article 2302 du Code civil, et l’avertir du premier incident de paiement non régularisé, conformément à l’article 2303 du Code civil.

Que faire si la banque appelle la caution en paiement ?

Il est préférable de ne pas reconnaître trop vite la dette et de faire vérifier immédiatement l’acte de cautionnement, la date de signature, le décompte réclamé, les éléments patrimoniaux existant au jour de l’engagement et les courriers adressés par la banque. Dans ce contentieux, des éléments apparemment secondaires peuvent être déterminants.

Pourquoi consulter rapidement un avocat en droit bancaire ?

Parce que la défense de la caution dépend rarement d’un seul argument. Il faut identifier le bon régime, reconstituer la situation réelle de la caution, sélectionner les moyens juridiquement efficaces et organiser, selon le cas, une négociation ou une contestation judiciaire.

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