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Prêt bancaire : qu'est-ce que le taux d'usure ?

| Mis à jour le 14/10/2014 | Publié le 28/06/2011


Dans la société de consommation qui est la nôtre, il devient de plus en plus facile d'obtenir des crédits auprès d'établissements spécialisés. Les garanties demandées sont faibles, les facilités de paiement immédiates… mais le coût du crédit parfois conséquent. Soucieux de protéger le consommateur, le législateur a établi un taux d'usure, correspondant au taux effectif global (TEG), au-delà duquel un prêt ne peut pas être consenti.

« Un usurier s'occupe de vous au présent, vous prête au conditionnel, vous ruine au futur » (Joseph Addison).

L'usure, qu'est-ce que c'est ?

L'usure est définie par le Code de la consommation, qui prévoit que « constitue un prêt usuraire tout prêt conventionnel consenti à un taux effectif global qui excède, au moment où il est consenti, de plus du tiers, le taux effectif moyen pratiqué au cours du trimestre précédent par les établissements de crédit pour des opérations de même nature comportant des risques analogues ».

Le taux effectif global, quant à lui, correspond au coût total du crédit. Globalement, doivent être intégrés dans le calcul non seulement le taux d'intérêt, mais également les frais, commissions ou rémunérations de toute nature, directs ou indirects, y compris ceux qui sont payés ou dus à des intermédiaires intervenus de quelque manière que ce soit dans l'octroi du prêt. Ce taux effectif global (TEG) doit obligatoirement apparaître au contrat.

Tous les financements octroyés aux particuliers et aux associations sont soumis à cette législation relative à l'usure. Au-delà d'un certain TEG, des sanctions relativement lourdes sont susceptibles d'être prononcées.

Comment l'usure est-elle sanctionnée ?

Selon le Code de la consommation, toute personne consentant à autrui un prêt usuraire ou apportant sciemment son concours à l’obtention ou à l’octroi d’un prêt usuraire ou d’un prêt qui deviendrait usuraire encourt une sanction de deux ans d’emprisonnement et de 300 000€ d’amende.

A titre de peines complémentaires, peuvent également être prononcées la publication du jugement de condamnation, la fermeture provisoire ou définitive de l'établissement condamné et certaines interdictions d'exercice.

Enfin, sur un plan purement matériel, les sommes perçues abusivement par l'organisme de crédit devront être reversées au capital de la créance. Si la dette a déjà été remboursée, le prêteur sera tenu de restituer les sommes indûment perçues, en les assortissant évidemment d'intérêts.

Comment est calculé le taux d'usure ?

La Banque de France est chargée de diligenter des enquêtes tous les trimestres. En pratique, elle choisit un échantillon représentatif d'établissement de crédits et calcule la moyenne du TEG pour chaque catégorie de prêt. Cette moyenne est pondérée en fonction de l'importance de chaque banque. A chaque taux moyen ainsi obtenu, la banque effectue une majoration d'un tiers. Le résultat correspond au taux d'usure en vigueur.

Il convient de noter qu'en période exceptionnelle, et notamment de crise économique ou de forte inflation, la Banque de France dispose d'un pouvoir régulateur et peut fixer le taux d'usure sans appliquer cette équation. Les seuils de l'usure font l'objet d'une publication au Journal Officiel au cours de la dernière quinzaine de chaque trimestre civil. Pour le 4e trimestre 2014, le taux d’usure en matière de prêt immobilier à taux fixe est ainsi de 4,85%, celui pour les prêts aux entreprises relatifs aux découverts en compte de 13,39%.

En matière de prêt bancaire, le législateur et le juge considèrent systématiquement l'emprunteur comme une partie faible au contrat, qui nécessite d'être protégé. Cette législation relative à l'usure s'inscrit dans cette perspective. L’avocat en Droit bancaire saura assister les consommateurs dans les litiges rencontrés face aux établissements de crédit et trouver les stratégies d’actions adéquates pour faire valoir leurs droits.

Cet article est mis en ligne à des fins d'information du public et dans l'intérêt des justiciables. Il est régulièrement mis à jour, dans la mesure du possible. En raison de l'évolution permanente de la législation en vigueur, nous ne pouvons toutefois pas garantir son application actuelle et vous invitons à nous interroger pour toute question juridique ou problème concernant le thème évoqué au 01 56 79 11 00. En aucun cas le Cabinet ne pourra être tenu responsable de l'inexactitude et de l'obsolescence des articles du site.

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