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Investissements russes en France


Outre l’achat de villas à des prix exorbitants par des milliardaires (rappelons celui de la villa Leopolda de Villefranche-sur-mer pour un demi-milliard d’euros), les entreprises russes investissent de façon plus large dans le secteur immobilier. En effet, Hermitage (filiale française du groupe immobilier russe Stroïmontage) livre en ce moment 300 logements résidentiels  à Montévrain (Seigne-et-Marne), et a même l’intention de « prendre une position majeure sur le marché français, aux côtés des Nexity et Kaufman & Broad ».

Un des objectifs de la France est donc d’orienter les hommes d’affaire russes vers d’autres types d’investissements, d’autant plus que la communauté originaire de Russie en France est importante, ce qui présente un atout non négligeable.

Mais deux problèmes se posent. D’une part, le potentiel de la France est mal connu de la part des russes, ce qui les freine à investir dans le pays. D’autre part, et paradoxalement, les dispositions juridiques françaises laissent des brèches ouvertes aux ardeurs russes. D’après un décret de décembre 2005, 10 secteurs « stratégiques » sont contrôlés en termes d’investissement. Or, par exemple, le géant russe Gazprom ne rentre pas dans les limites fixées par le décret.

Ces dernières années, les entreprises russes ont investi dans des secteurs « très français », et interviennent par des acquisitions ou prises de participations stratégiques afin de se développer sur le territoire. En octobre 2007, Sergueï Pougatchev a racheté Hédiard afin de « développer la marque à l’international et en faire un porte-parole de la gastronomie française ». Depuis 2002, l’investisseur Nikolaï Tsvetkov a racheté deux maisons Deshoulières, et est à la tête de 5 usines ; la Russie est devenue par la même occasion le premier fabricant (en volume) de porcelaine de l’hexagone. En 2007, la maison Croizet Eymard et 59 hectares de vignoble ont été acquis par Russian Wine Trust.

Les oligarques ne se limitent pas qu’aux secteurs du luxe, et rachètent même certaines PME françaises, telles que Cogebi (spécialisée dans les profuits isolants) cédée à Elinar.

Autre controverse, une grande part des opérations russes transite dans des offshores du Luxembourg, de Chypre ou de Suisse, et n’est donc pas comptabilisée par Bercy.

Des groupes russes s’imposent alors dans l’économie française, sans que l’on connaisse réellement leur origine. C’est notamment le cas du « mystérieux » holding GSI qui a racheté en août 2007 le site de Corbeil-Essonnes d’Altis Semiconductor. Le groupe est inconnu sur le terrain, et le journal russe Kommersant suppose que se cache derrière ces initiales le vendeur d’armes Rosoboronexport. Pourtant, Bercy et le ministère de la Défense ont autorisé le rachat, après une enquête gardée secrète.

Comme l’a souligné Tomas Gomart, expert à l’institut français des relations internationales, « Un jour, on les verra racheter une entreprise du CAC 40 ».

 

Christelle GIBON                                                                                                       

 

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